Périgueux . Château Barrière

Concours . Projet Remarqué

Divers Equipement Selection tout

Choisy-le-Roi . Equipement sportif

Lauréat . Livraison 2021

Equipement Selection tout

Paris XII . Logements sociaux

Lauréat . Livraison 2021

Logement Selection tout

Antony . Rénovation du collège Anne Frank

Lauréat . Livraison 2024

Equipement tout

Mantä . Finlande . musée

Concours

Equipement Selection tout

Châlons-en Champagne . Equipement Culturel

Concours . Deuxième place

Equipement tout

Bourg la Reine . Crêche

Lauréat . Livraison 2022

Equipement tout

Périgueux . Château Barrière

  • Programme

    Centre culturel

  • Statut

    Concours , Projet Remarqué

  • Surface

    600 m²

  • La ville de Périgueux en association avec la fondation d’entreprise Willmote proposent de travailler sur la transformation du château Barrière, vestige du XIIe et XVIe siècle, en un espace culturel d’une superficie de 600 m2 pour des rencontres et expositions.

     

    Vestige.

    Le château Barrière est chargé d’une émotion propre à ces lieux emplis d’histoire, un lieu sanctuaire dans la ville, une ruine : attrait ambigu et particulier. La ruine est une figure hybride entre nature et artifice.

     

    L’aspect de ruine du logis évoque tout d’abord les tableaux à l’ambiance si particulière de Piranèse : un instantané dans l’éternité d’une ruine, au paroxysme de son intensité romantique, dont on aurait bien du mal à dire si elle est au stade final de délabrement. Un état de finitude, comme si pour ces bâtiments, l’apogée de leur expression passait par un passage presque contrôlé du temps comme architecte, pour obtenir cette apparence figée dans une esthétique de la permanence.

    Mais une ruine n’est jamais finie.

    Dans les processus de la dégradation, la matière subit une métamorphose permanente. La ruine nous fait prendre conscience de l’aspect artificiel de toute construction inéluctablement vouée à la dégradation : la matière étant soumise au passage du temps. En retournant vers un état de nature, l’intérieur et l’extérieur s’interpénètrent. Dans ce qui naît de la ruine, se dégage une nouvelle atmosphère, une nouvelle flore.

    Elle est l’empreinte des époques passées, une peau verticale vidée de sa substance, de son usage.

    L’incomplétude de la ruine laisse alors à l’imagination le plaisir de suppléer la partie manquante. La valeur d’ancienneté ne se limite pas seulement à sa valeur historique, mais elle recouvre aussi le sentiment de la présence du temps. La valeur d’authenticité, transférée sur la matérialité même du monument, favorise la contemplation, le retour des époques antérieures.

    A partir d’un certain seuil, la ruine ne renvoie plus à l’original mais tire de son imperfection même tout son intérêt. L’œuvre amputée, blessée, gagne en puissance émotive ce qu’elle perd de sa perfection formelle.

     

     

    Palimpseste.

    Réécrire et réinscrire la mémoire par-dessus les strates révolues : la ruine comme palimpseste.

     

    L’utilisation des strates antérieures ne résident pas en une imitation servile mais en une transposition. Il ne s’agit pas de retrouver la fonction antérieure du bâtiment mais de trouver une nouvelle fonction à cette enveloppe chargée d’histoire. Le projet est une addition temporelle, il agit comme le temps en ce sens où il modifie, transforme le bâtiment initial dans l’usage et la requalification de ses espaces, apportant de ce fait un sens supplémentaire, lié à l’époque.

    Par la réécriture et la réinterprétation contemporaine des volumes disparus du bâtiment originel (mur, toit et  tour), elle crée un dialogue entre passé et présent, et se donne un nouveau visage, une nouvelle silhouette. Les différents niveaux de la ruine n’offrant pas les mêmes qualités, chacun d’eux est interprété d’une manière originale : Langage commun mais écriture différente  entre les niveaux d’expositions, réinterprétant les fenêtres, les cadrant comme des tableaux, soulignant l’importance de la lumière, créant pour chacune un espace scénique original. Le dernier niveau (espace de réception et de conférence) est un volume pur et généreux, né du décollement du toit originel laissant au visiteur une vision totalement dégagée et unique sur Périgueux. Un espace nouveau réinterprétant le volume disparu du bâtiment originel, créant un dialogue entre passé et présent, et donnant un nouveau visage, une nouvelle silhouette au logis.

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Choisy-le-Roi . Equipement sportif

  • Programme

    Centre Sportif

  • Livraison

    2020

  • Surface

    1 900 m²

  • Maitrise d’ouvrage

    SADEV 94

  • Architectes

    MARS architectes EQUIPE : Batiserf + Choulet + VPEAS

  • Coût

    3 000 000 €

  • URBANITE

     

    « …Sa source en latin est urbanitas, qui définit les qualités humaines acquises en société. Elle décrit une élégance de vocabulaire et de savoir-vivre… »

    Chacun de nos projets d’architecture parle à sa manière d’urbanité. Ou comment chaque architecture s’insère dans son milieu, comment elle articule les usages, les échelles, ses matières, ses lumières, les ambiances. Autant de bienveillance, de générosité, qui fondent une architecture voulue résolument contextuelle, à même de répondre aux enjeux de ce quartier.

    La ZAC des Hautes Bornes a pour vocation de participer à la requalification des quartiers Sud de la commune Choisy-le-Roi. Urbaniser doit aujourd’hui être un acte symbolique. Symbole de l’attention portée à la revalorisation progressive de territoires, parfois, malmenés naguère par l’urgence d’un développement peu contrôlé. L’urbanité n’est pas une valeur démodée. Urbaniser c’est humaniser. Nous sommes entrés dans l’âge urbain. Nous devons assumer historiquement le stade de cette évolution, le stade urbain. Dans notre cas, ici, se pose la question de la place d’un équipement sportif et des valeurs qui le sous-tendent.

     

    L’ESPRIT DU SPORT

     

    Construire un lieu du sport … C’est un édifice public d’un genre particulier qui a marqué l’imaginaire de nos civilisations depuis l’antiquité… Nous avons tous en mémoires nos exploits de jeunesse… Et même si nous sommes attendris par ces souvenirs, ces sentiments sont quelques fois apitoyés tellement l’obsolescence et la perte de sens ont perverti l’architecture du sport, jusqu’à se rapprocher dangereusement du simple entrepôt, de la « boîte muette ».

    A l’heure ou la devise, « Mens sana in corpore sano » (un esprit sain dans un corps sain), pourrait retrouver un peu des couleurs, devant l’enthousiasme de plus en plus croissant pour la pratique du sport : cet équipement sportif appelle à une réelle clarté, simplicité, fonctionnalité, une urbanité qui est peut-être le premier trait du caractère public de cet équipement. Comment concilier sobriété et plaisir de vivre, des lieux marqués par l’équilibre, la quiétude, la tranquillité mais aussi la force, l’évidence d’une architecture protectrice, solide et pérenne.

    De ce fait, nous proposons, ici, un bâtiment avec une présence assumée et singulière. Une volumétrie jouant sur la fluidité de ses courbes, sur une souplesse en rapport à son usage. C’est aussi une matière, une matière qui sait prendre les ans, jouant sur le reflet et la légèreté. Ici nous proposons des panneaux d’aluminium permettant une continuité entre façade et toiture pour offrir une volumétrie épurée aux lignes affinées.

     

    LA DIMENSION CACHEE

     

    Si le terrain peut paraitre grand au vu de l’équipement à construire. Ce site a néanmoins des dimensions cachées qui sont toutes autres que ses limites notariales : la ligne à haute tension grevant, en effet, une grande partie du terrain.
    Cette limite invisible mais primordiale fixe d’elle-même l’implantation du bâtiment : c’est-à-dire dans l’angle Nord/Est du terrain et mettant l’équipement dans un rapport d’échelle et de proximité peu heureux avec le tissu pavillonnaire situé au nord.

    Aussi, devant ces rapports d’échelles difficiles, nous proposons que la salle de sport soit semi-enterrée afin d’offrir une hauteur « ressenti » en corrélation avec le quartier. Cette dimension cachée de l’équipement permet d’offrir des rapports plus justes et harmonieux entre les différents tissus urbains qui composent ce quartier.

     

    PUBLIC / SPORTIF, SERVANT / SERVI

     

    Le projet tire parti de cette implantation semi-enterrée pour proposer une mise en place à la fois fonctionnelle du programme, mais aussi permet une liberté dans la volumétrie du projet, afin de ce détaché de l’effet «boite» qui colle trop souvent à la peau de ce genre d’équipement.

    La mise en place du programme se décompose ainsi :
    -En un plateau sportif semi-enterré auquel l’ensemble des programmes annexes (vestiaires, stockage, sanitaires,…) sont rattachés et accessibles de plein pieds avec l’air de jeu.
    – et une partie accueil public et sportif (loge, gradins et sanitaires public) et administration (bureaux et réunions) à Rez-de-Chaussée.

    Cette disposition fonctionnelle permet de décomposer le projet en trois volumes jouant avec le paysage créé.
    La salle de sport avec les gradins publics représente le volume principal et s’ouvre dans un rapport direct et transparent avec le parvis d’entrée et le paysage environnant. L’ensemble de l’espace sportif a été dessiné pour offrir une certaine solennité mettant en valeur la pratique du sport, espace équilibré, calme et serein. Le sport reprend ainsi une place dans la cité.

    Le volume d’entrée combine toutes les fonctionnalités d’accueil du public et des sportifs, et administratives, ainsi que les circulations verticales. En se désaxant du volume principal, il vient définir de manière subtile et en même temps évidente, le parvis d’entrée de l’équipement.

    Enfin, un petit volume vient se raccrocher au précédent le long de la parcelle à l’Est. Celui-ci intègre la salle de réunion et l’ensemble des locaux techniques accessible de pleins pieds. Le jeu libre de composition entre ces trois volumes vient créer naturellement un patio autour duquel s’ouvrent les bureaux et la salle de réunion.

    La manière de circuler dans le bâtiment est un élément fondamental de ce projet et a été pensée dans sa capacité à créer des surfaces d’échanges et à interagir avec la ville dans un continuum fort intérieur/extérieur. Nous proposons de larges circulations à la lumière, visible de tous, rendant le parcours évident et à même de proposer une continuité spatiale entre les différents niveaux et les différentes activités du bâtiment et l’espace public.

     

    PAYSAGE

     

    Le projet s’appuie sur le paysage pour s’insérer dans le tissu urbain.
    Dans un premier temps, en faisant preuve d’attention à ce qui préexiste, avec la création du chemin d’entrée à l’équipement reliant naturellement la rue Etienne Dolet, aujourd’hui en cul de sac, avec la nouvelle voie créée , l’avenue Rosa Luxemburg. Le parvis se connectant sur ce chemin de manière naturelle.
    Nous proposons une esthétique liée au sport pour dessiner ces accès, rappelant une piste d’athlétisme avec des lignages, des numéros, inscrivant l’image et l’évocation du sport dès l’approche du site.

    Les parkings voiture et 2 roues trouvent naturellement leur place dans un dessin libre dans la continuité des bâtiments ou le paysage joue le rôle de liant. L’entrée des véhicules se connecte à l’avenue Rosa Luxemburg par le bateau existant prévu à cet effet.

    Le projet prévoit comme demandé sur la partie Ouest de la parcelle qu’elle soit laissée libre pour la construction future d’un petit équipement (hors zone ligne à haute tension). Nous proposons une grande prairie comme liant paysagé sur l’ensemble du site.
    C’est une grande prairie, parfois sauvage, parfois maitrisée par une simple tonte. Nous proposons d’ajouter quelques reliefs, donnant du caractère et de l’amplitude à ce site et permettant d’utiliser la terre excavée pour la construction directement sur le site.
    A la manière d’un jardin à l’anglaise, un terrain de foot, une promenade sur la butte, apparaissent à la belle saison après une tonte pour agrémenter la vie du quartier. Les limites disparaissent au profit d’une continuité organique, marquée par l’abondance et la générosité d’une végétation bienveillante.

    Architecture et paysage s’inscrivent, ainsi, dans une expérience sensible et partagée, une poétique de la situation.
    L’urbanité n’est pas à chercher dans un ordre construit, architecturé, mais dans une atmosphère sensible, qu’on pourrait qualifier de « physiologique », car profondément liée à un milieu vivant, et ou le sport retrouve naturellement sa place.

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Paris XII . Logements sociaux

  • Lieu

    Boulevard Poniatowski, Paris

  • Programme

    12 logements + commerce

  • Client

    RIVP

  • Surface

    707 m² SHAB

  • Coût

    1 750 000 €

  • Livraison

    2021

  • SITE

     

    Implantées entre deux immeubles au début du  20éme siècle (1901 et 1916), deux petites maisons sont actuellement en lieu et place du futur projet, vestiges des faubourgs ?

    Un café au pied, « les jardins de Reuilly » nous rappelle qu’autrefois c’était la campagne, …

    Fichées entre ces 2 immeubles, ces 2 bâtisses  laissent transparaitre l’envers du décor de ces ilots haussmanniens. La densité des cours arrières, résultante des alignements voulue par Haussmann et ses successeurs qui nous cachent bien des surprises derrière ces façades si parfaites : parcelles aux géométries insolites et souvent subies, l’intérieur de l’ilot devenant une conséquence.

    Ces deux petites maisons, anachroniques par leurs échelles par rapport au tissu environnant, ont laissé par leurs persistances cette brèche ouverte, une irrévérence à la logique et à la pensée du 19 siècle, où façades ordonnancées et espace public participent, de manières concomitantes dans un rapport direct entre plein et vide, à l’expression d’un boulevard parisien de cette époque.

    Personne au début du siècle n’a osé combler la brèche, personne n’a osé « se frotter » à cette forme en triangle que génère cette parcelle ? L’immeuble mitoyen en témoigne par ses pierres non taillées laissées en attente d’une construction voisine à venir…

    Aujourd’hui, avec l’implantation du tramway, le boulevard a été  redéfini et son espace public rénové. Néanmoins on peut dire que le dessin de ce boulevard et les éléments qui le composent étaient déjà bien présents. Entre HBM ou immeubles post haussmannien, on voit là, la constitution de l’espace public tel que pensé par Haussmann : c’est à dire que l’architecture est soumise « à un ordre urbain qui la dépasse. Les façades haussmanniennes sont, de ce point de vue, les façades d’un espace public avant d’être celles de bâtiments pris individuellement. » (Eric Lapierre, identification d’une ville, P53).

    Même s’il s’agit d’immeubles construits au cours du 20 siècle, avec d’autres logiques que celles des immeubles haussmanniens, on voit bien qu’ils en gardent les stigmates avec la volonté d’ordonnancement  homogènes des façades  le long du boulevard.

    Plus précisément, Les immeubles qui encadrent notre parcelle, et qui ont été construits au début du siècle, qu’on peut appeler période post haussmannien, où la rigueur et l’homogénéité antérieures sont remplacées par des interprétations plus personnelles : corniches, encorbellements, pilastres, sculptures, avancées, apparition des Bow Windows, balcons, …, sont assemblés dans un rythme et un ordre savant. Même, si l’on peut trouver ses bâtiments trop chargés, voir un peu trop bavards. On ne peut en revanche, qu’être frappé par la qualité des connaissances et des savoirs faire mis en œuvre dans leurs constructions : emploi de matériaux nobles, taille de la pierre pour former linteau, sculpture…, ferronneries, calepinage des briques,…, autant d’attentions aujourd’hui disparues dans la fabrication des bâtiments, qui posent la question de comment construire entre ces 2 immeubles.

     

    Notre projet s’inscrit ainsi dans une réflexion contextuelle à plusieurs échelles :

    A l’échelle urbaine :

    – Par un questionnement sur l’intériorité de l’ilot : adaptation à une géométrie complexe de la parcelle, au respect des cours et des fenêtres des immeubles mitoyens,

    – Par un questionnement sur la continuité urbaine : en rapport avec la définition d’un espace public tel que le boulevard Poniatowski.

     

     

    A l’échelle architecturale :

    – Par un questionnement sur la façade en corrélation avec les façades voisines,

    – Par un questionnement sur la qualité des logements: quelle qualité donner à ces logements en relation avec leurs environnements ?

     

    PARTIS URBAIN ET ARCHITECTURAL

    RESPIRATION

     

    Devant la complexité de cette parcelle en triangle, du respect des vues des voisins donnant sur notre parcelle, et aussi de notre volonté de ne pas refermer la cour de l’immeuble au n°107 : notre projet propose la création d’une « faille » et d’une « cour » permettant de régler l’ensemble de  ces problématiques.

    La faille

    C’est un vide qui s’installe entre l’immeuble voisin (n°107) et le projet permettant de conserver lumière, vues et une bonne ventilation de la cour arrière du n°107. Cette disposition permet aussi de dégager l’angle obtus de notre parcelle difficilement aménageable pour les logements.

    Ainsi, l’entrée de l’immeuble devient évidente et offre un espace généreux et valorisant. Par un retournement de la façade sur l’intérieur de la parcelle, cette faille offre une respiration. Réponse, selon nous, absolument nécessaire à la qualité de vie des habitants et à la densité bâtie en intérieur d’ilot.

    La cour

    La cour  conserve et respecte les fenêtres des voisins donnant sur notre parcelle, nous proposons la création d’un seul et unique espace, tournant autour du noyau de circulation, qui permet d’éviter  l’enfermement et les jours de souffrance. Ainsi la cour proposée s’ouvre sur l’arrière de l’ilot, accommodant des vues  dégagées et une bonne ventilation aussi bien pour le projet que pour les voisins. Nouvelle respiration nécessaire à la qualité intérieure de cet ilot.

     

    Le projet tire parti de ces contraintes pour en faire des qualités, ainsi l’ensemble des logements sont traversants : l’ensemble des pièces et des parties communes sont éclairées et ventilées naturellement. La faille permet de définir une entrée généreuse jouant de la profondeur de la parcelle, et d’offrir aux salons avec une vue de qualité vers la porte dorée et le bois de Vincennes.

    Si une des problématiques de notre époque est de repenser comment  « Faire la ville sur la ville », ce projet en propose une réponse : ces respirations offrent une nouvelle lecture et une résolution urbaine se basant sur une analyse de la profondeur des ilots, le derrière n’étant plus la résultante du devant mais la mise en place d’une succession d’espaces traitant les différents rapports de  l’extérieur vers l’intérieur de l’ilot et inversement.

     

    CONTINUITE URBAINE

     

    Le boulevard Poniatowski s’implante en lieu et place de l’ancienne enceinte de Thiers, une des raisons qui ont permis la création d’une voie de cette échelle.

    La qualité du boulevard Poniatowski tient dans sa clarté : alignement du bâti, trottoir large arboré en relation avec des Rez-de-chaussée commerciaux permettant un rapport direct entre espace public et privé, entre plein et vide. Une continuité urbaine émanant des préceptes d’un urbanisme classique largement repris par Haussmann qui ont fait et font encore la qualité d’une ville comme Paris.

    Concernant notre ilot et notamment la composition des immeubles voisins, on observe  un système de composition basé :

    – sur un rythme horizontal d’ouverture, où une grande fenêtre alterne avec deux petites,

    – et sur un ordre de la façade divisé en trois parties, avec un soubassement composé du  Rez-de-chaussée et de l’entresol, le corps principal composé en général du R+2 à R+5 et de l’attique composé des derniers niveaux R+6, ou R+7.

    Même, si ils sont différents les uns des autres dans leur traitement architectural (matière, ornements, …) , ce système de composition permet de donner une échelle et une animation au boulevard claires et homogènes.

    Le projet s’inscrit dans cette démarche de continuité urbaine par la reprise des rythmes des ouvertures et de composition en 3 ordres par une déformation volumétrique:

    -Ainsi, le corps principal se décolle du soubassement par une subtile inflexion venant en débord sur le boulevard et permettant des vues dégagées en proue du bâtiment, annonçant la faille et l’entrée. L’attique, traité en retrait et plus sombre, en corrélation avec les toitures en zinc environnantes, s’exprime par un plan utilisant  la géométrie en triangle pour en effacer la profondeur par effet de perspective.

    – les ouvertures sont implantées en respectant le rythme des fenêtres des immeubles voisins et en corrélation avec les typologies intérieures des logements. Nous proposons des fenêtres verticales et rectangulaires permettant aussi bien de voir la rue que le ciel. Elles sont agrémentées de volets permettant protection solaire et intimité. Ces volets sont des éléments expressifs en inox gravés d’un motif végétal offrant une interaction particulière entre extérieur et intérieur.

    L’écriture architecturale de ce projet est différente des immeubles voisins mais s’inscrit dans une échelle commune à ce boulevard. Elle participe à la formalisation de cet espace public dans une démarche cherchant contextualité et urbanité, persuadé que l’approche de l’esprit d’un lieu ne peut exister que dans la justesse du rapport de la plus petite partie à l’ensemble.

     

     MATIERE OU ORNEMENT ?

     

    Les immeubles voisins ont une forte personnalité. Ils témoignent de l’éclectisme de cette époque encore très empreinte du 19 siècle. Sculptures et ornements viennent animer ces façades. Bien que l’on puisse se poser la question du sens de tous ces ornements, il n’en reste pas moins une qualité dans la vibration de ces façades, jeux d’ombre et de lumière, qui leurs donnent une particularité en relation avec une situation et une histoire, qui caractérise ce paysage urbain.

    Aussi, notre démarche ne se situe pas dans une critique de l’ornement comme Adolf  Loos a pu la présenter dans son ouvrage, « crime et ornement » : où il considère l’ornement comme un « artifice complet », mais plutôt dans une poétique de la situation. Notre regard est volontairement innocent, à l’image d’un enfant qui s’arrête devant une tête de lion sculptée sur le porche d’un immeuble. Pourquoi une tête lion ? Peu importe, ce que nous aimons ici c’est l’attention particulière, la multiplication des sensations, le brouillage des pistes, afin d’offrir une architecture aux multiples échelles de  lecture, gardant toujours une part de mystère. Rien n’est plus frustrant que d’avoir tout compris du premier regard…

    Le projet joue sur l’ambiguïté entre matière et ornement, en travaillant avec un béton matricé sur l’ensemble de la façade. Par un travail de superposition et de multiplication des dessins des façades  des immeubles voisins, la façade trouve un nouvel ornement dans sa matière même, où une multitude de lectures sont possibles : de loin on ne sent qu’une vibration, de prés on commence à reconnaitre certains motifs, puis en se déplaçant, ils disparaissent pour redevenir une matière vibrante.

    Par celle-ci, le bâtiment tisse des liens subtils, parfois mystérieux avec ses voisins, en évitant les travers du  « pastiche » ou du  « façadisme ».  Cette réévaluation positive de l’ornement crée le terrain fertile d’une revalorisation culturelle du minutieux, du marginal, de leurs esthétiques et d’une poésie qui s’en dégage.

     

    HABITER

     

    En proposant des  respirations au cœur de sa parcelle, le projet permet la mise en place de situations capable d’offrir un caractère particulier aussi bien dans les accès aux logements, qu’à l’intérieur même des appartements. Toujours dans une démarche urbaine, le projet propose un parcours et des rapports opportunistes et évidents entre la ville et chez soi et inversement.

    L’entrée, implantée naturellement dans la faille, propose un sas extérieur couvert en double hauteur qui abrite les boites aux lettres et  le parc à vélos. Travaillée avec une céramique de couleur imprimée de motifs légers : espace généreux et qualitatif, en transition entre l’espace public et les espaces communs de l’immeuble, il conduit aux circulations verticales intérieures toujours éclairées naturellement.

    Les logements prennent place du R+1 au R+9 avec une répartition claire : un T3 en R+1, un T1 et un T2 par étage du R+2 au R+4, un T4 par étage du R+5 au R+8 et enfin un T3 au R+9.

    Ils sont traversant avec toujours une double orientation sur rue et sur cour ou faille, caractéristique fondamentale dans la qualité d’un logement : aussi l’ensemble des logements peut profiter du soleil côté rue comme de la fraicheur de la faille ou de la cour.

    Les espaces jours, nuits et humides sont implantés de manière stratégique en fonction des besoins de chacun. Ainsi, cuisine, sanitaire, salle de bains donnent sur la cour ou sur la faille offrant lumière,  ventilation et intimité ; les chambres, côté rue, profitent du soleil et des vues dégagées du boulevard ; les salons quant à eux bénéficient de la proue du bâtiment, situation en angle, dégageant des perspectives uniques vers la Porte Dorée, le bois de Vincennes et son mythique rocher aux singes.

    Les ouvertures et les vues  sont travaillées en fonction de leur orientation et des usages intérieurs :

    -Sur la cour et la faille, les fenêtres sont traitées au cas par cas. Transparentes, translucides, ouvrants à la française, pivotantes pour une meilleur ventilation, suivant les usages.

    – Sur rue, une alternance de simples et doubles fenêtres rythment la façade. Volets gravés d’un motif et garde-corps vitrés agrémentent ces ouvertures permettant l’intimité, des vues dilatées par les effets de  miroir des volets ou cadrées suivant les envies et la protection solaire.

    – Sur l’angle de la faille, l’ensemble des salons profitent d’une fenêtre d’angle en porte à faux sur le boulevard pour cadrer des vues singulières (Porte Dorée, bois de Vincennes). Cette ouverture permet une dilatation de l’espace des appartements et finalement d’être chez soi, tout en étant dans un environnement qui dépasse les limites même de son logement.

     

     

    Notre proposition cherche ainsi à transformer ce qui peut apparaitre comme des contraintes en opportunités pour définir un  projet propre à ce lieu.

    Ainsi, des conflits urbains naissent des respirations entre les immeubles ( lumière et ventilation naturelle). De la qualité de l’espace public nait l’échelle du projet dans une continuité urbaine claire. Du rapport avec les immeubles nait un rythme de façade, une matière vibrante,… De l’ensemble de cette histoire nait la qualité des logements.

    Aussi, ce projet n’est pas un acte générique, mais bien un acte spécifique en relation avec une histoire, une situation, qu’il faut architecturer… Habiter.

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Antony . Rénovation du collège Anne Frank

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Mantä . Finlande . musée

  • Client

    Fondation Serlachius

  • Programme

    Musée + Restaurant + café +Ateliers + Sauna

  • Surface

    3 000 m² SU

  • L’ILE COMME IDENTITE DU NOUVEAU MUSEE

     

    L’implantation du futur musée s’est naturellement portée sur l’île, permettant de respecter l’harmonie et la beauté du manoir du parc face au lac, tout en offrant au futur musée une identité particulière : l’insularité et l’imaginaire qui s’y rattache.

     

    UN MUSEE SOUS FORME DE PAVILLONS

     

    A l’image du manoir et de ses dépendances, un ensemble de pavillons compose le nouveau musée: respectant ainsi l’échelle de l’île et offrant une richesse de parcours en interaction avec le paysage.

     

    L’OEUVRE ET LE VISITEUR

     

    Sujet primordial dans la qualité d’un musée : mettre l’œuvre (le regardé) et le visiteur (le regardant) dans les meilleures dispositions.
    -Pour l’œuvre, un travail particulier sur la lumière et les supports est proposé.
    -Pour le visiteur, appréhender une œuvre d’art demande concentration et sérénité. Le parcours général du musée a été travaillé afin d’offrir aux visiteurs à la fois des espaces focalisés sur les œuvres et des moments de détente, rythmant le parcours du musée, temps nécessaires à l’analyse, au relâchement, au repos. Cette dualité entre concentration et relâchement à la fois intellectuelle et physique est essentielle à la qualité d’un musée.

     

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Châlons-en Champagne . Equipement Culturel

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Bourg la Reine . Crêche

    Construire une crèche…
    C’est un édifice public d’un genre particulier, …, où la responsabilité est grande : pensons aux premiers pas de nos enfants vers « l’indépendance ».
    Et si nous sommes attendris par les souvenirs de notre propre jeunesse, car c’est en effet probablement l’âge de nos premiers souvenirs, le sujet mérite un sérieux et une attention toute particulière à la mesure des enfants de Bourg-la-Reine.

     

    La rue des Rosiers

     

    La crèche s’implante dans la dernière dent « creuse » de la rue des rosiers et en quelque sorte, c’est la dernière pièce de ce grand « puzzle ». La responsabilité est grande, encore une fois, aux vues de la complexité des enjeux urbains.
    Autrefois, la rue n’était qu’une impasse en contrebas des voies de chemin de fer. La période moderniste d’après-guerre stoppée dans son élan avait pour projet un grand ensemble sur dalle, dont finalement seule une petite partie a été réalisée et qui s’arrête abruptement au droit du site. Des constructions de logements avec des immeubles de rapports dans les années 80/90 ont amené une logique de continuité urbaine avec un alignement sur la rue des rosiers. Le projet du Centre d’animation, expression et loisir (le CAEL) en cours de construction poursuit cette logique, tout en traitant savamment l’inflexion de la voie. Enfin, le talus qui surplombe le site avec au-dessus les bâtiments de la RATP, donne une impression d’encaissement à la parcelle.
    Notre proposition s’inscrit dans un dialogue avec les éléments constituants du site par une attention au « déjà là » et aux potentiels à révéler au travers du projet.

     

    Le monde des enfants

     

    Si au premier abord, l’effet d’encaissement du talus peut paraître peu engageant, nous pensons néanmoins que celui-ci a un fort potentiel en terme de biodiversité et qu’avec peu de chose, il peut devenir un refuge végétal et animal. Cette bande végétale inaccessible quelque peu délaissée des hommes, offre finalement un calme et un refuge à la biodiversité : c’est la toile de fond du monde des enfants. L’ensemble des programmes lié aux enfants forme un cirque face à cet espace naturel. Les jardins et les différents espaces extérieurs de la crèche participent à la création d’un ensemble végétal cohérent et formant une continuité de biodiversité bénéfique à l’ensemble du quartier.

     

    Le monde des adultes

     

    Sur la rue des rosiers, le bâtiment s’implante à l’alignement dans un gabarit et une subtile volumétrie, jouant avec de légères inflexions de certains plans de façades marquant des événements particuliers tels que l’entrée ou certaines circulations.
    Le volume s’inscrit dans une continuité bâtie et de matériaux avec le CAEL, fait de volumes épurés en pierre et en verre pour constituer un ensemble cohérent sur rue.

    Si le monde des enfants s’inscrit dans une continuité végétale, d’une certaine manière le monde des adultes s’inscrit dans une continuité urbaine à l’échelle de la rue des Rosiers.

     

    Architecture Agile

     

    L’architecture proposée répond aux différentes qualités et contraintes contextuelles du site par une architecture agile : souple, courbe face au végétal, droite et rectiligne sur rue.
    Sur la rue des rosiers et contre la résidence (au n°1 de la rue), le bâtiment définit des limites franches face à l’espace public et face aux limites séparatives contre la dalle du bâtiment mitoyen afin de redonner une clarté urbaine, où la ou les époques modernes avaient créé des espaces résiduels.
    Le long du talus, les façades se courbent pour laisser place à des espaces extérieurs en corrélation avec une végétation. Les arbres existants sont conservés et magnifiés par les courbes des façades de la crèche, qui, d’une certaine manière les englobent et les protègent ; une amabilité face à ces arbres qui ont traversé plusieurs décennies.
    Le projet articule ainsi les différentes problématiques du site dans une architecture agile, adaptive, à plusieurs visages, plusieurs ambiances en corrélation avec le programme spécifique de la crèche.

     

    Filiation de la pierre

     

    La crèche s’inscrit parmi les nouveaux équipements de la ville de Bourg-la-Reine.
    Chacun de ceux-ci propose un travail spécifique sur la pierre, initié par la très belle médiathèque François Villon et son architecte Pascale Guedot, et prolongé par le Centre d’animation, expression et loisir de Dominique Coulon. Si les projets affirment une architecture personnelle et unique, nous pensons néanmoins, qu’il peut y avoir un lien de filiation entre ses équipements de service public de la ville de Bourg-la-Reine avec comme signe distinctif, l’utilisation commune de la pierre.

    Nous proposons une pierre semi porteuse, épaisse, extraite dans le bassin parisien, pour définir l’enveloppe périmétrique de la crèche : l’enceinte. Une façade pérenne affirmant la présence de l’équipement : une masse avec une échelle ancrée dans une logique naturelle. C’est une matière qui sait prendre les ans, qui se patine…dans la durée.

     

    Le bois

     

    Nous proposons pour des raisons à la fois, de développement durable, de planning, d’évolutivité mais aussi et surtout pour l’ambiance intérieure souhaitée et voulue chaleureuse et réconfortante, de réaliser l’ensemble de la crèche (hors enceinte) avec une charpente de bois.
    La construction de bâtiment « décarboné » est un enjeu primordial, pour préserver et maîtriser les ressources de demain. Nos réflexions sur ce sujet nous ont amenés à réfléchir sur une construction en bois. En effet, l’utilisation du bois dans la construction évite de gaspiller de l’énergie dans un secteur qui en consomme déjà beaucoup et produit près du quart des émissions de CO2. D’abord parce que, de la forêt au chantier, le bois consomme moins d’énergie que la plupart des autres matériaux. Ensuite, parce que son inertie thermique limite la consommation énergétique des bâtiments. Encourager l’utilisation du bois permet donc de gagner sur les deux tableaux : la capture du CO2 excédentaire et la réduction des émissions.
    Le principe de poteau / poutre en bois permet une efficacité d’exécution en corrélation avec les objectifs de la ville en terme de planning et permet une grande évolutivité dans le temps. L’utilisation d’une trame constructive régulière de poteau permet une liberté de cloisonnement permettant de s’adapter aux besoins futurs.
    Enfin, l’utilisation du bois permet un contraste avec l’enceinte en pierre à l’extérieur et amène sa chaleur naturelle dans l’ensemble des espaces intérieurs de la crèche. Nous proposons un plafond de bois aux teintes blondes, dorées, douces, aux poutres apparentes et croisées, soigneusement

    coordonnées. C’est une architecture légère et fluide, correspondant au monde des enfants, en opposition à la massivité de la pierre face à l’espace public.

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